De l’Antiquité à nos jours, chaque territoire raconte son histoire à travers son nom. L’origine des noms de nos villes et de nos provinces historiques est le fruit d’un fascinant millefeuille linguistique. En explorant les racines gauloises, les vestiges du latin et les évolutions dialectales, ce lexique vous invite à décrypter la géographie française. Que vous cherchiez à comprendre l’étymologie d’une ancienne capitale de tribu gauloise, à lire les traces laissées par les peuples de Gaule, ou à saisir l’identité profonde de nos pays traditionnels, plongez dans les mots qui ont forgé nos régions.
A
- Abbeville (Ponthieu) : sur le territoire des Belges Ambiens dont le nom signifie en gaulois « ceux-des-deux-côtés ». Grégoire de Tours nous parlera d’Abacivo villa que l’on peut traduire par le domaine rural d’un abbé. Les comtes de Ponthieu ont battu monnaie à Abbeville, mais elle devint une commune en 1130. Sa milice participa à la bataille de Bouvines.
- Alençon (Campagne d’Alençon) : anciennement Montsort, qui est le nom d’un des quartiers actuels. Territoire des gaulois Aulerques dont le nom signifie « ceux-qui-sont-loin-de-leurs-traces ». Il n’existe pas d’origine établit mais deux pistes différentes. D’un côté, une piste gallo-romaine avec le prénom d’un Allontius. De l’autre, une origine plus ancienne qui serait fondée sur un al– indoeuropéen avec l’idée de nourriture, de fertilité. Ce qui est également plausible puisque la Sarthe n’est pas loin.
- Ambérieu-en-Bugey (Bugey) : son origine viendrait des Ambarres (ceux-des-deux-côtés-de-la-Saône), petite tribu cliente des Eduens et qui auraient participé à l’expédition de Bellovèse contre Rome au IIIe siècle av.J.-.C. On parlait de Villa Ambariacus en 853 puis Ambaryeu en 1240.
- Ancenis (Pays d’Ancenis) : située sur la marche de Bretagne dont elle a partagé le destin plusieurs siècles. Avant la conquête, elle était sous l’influence des Namnètes, « ceux-du-fleuve ». Deux théories existent pour le nom, latine (territoire d’Antius) ou bretonne (ank-eniz, l’île étroite). Elle a son propre article ici.
- Ardennes (Ardennes) : les Ardennes sont une région naturelle qui forme une frontière avec l’Allemagne, le Luxembourg, la Belgique et la France. Son nom vient du gaulois avec Arduo qui désigne une hauteur. C’est également le nom d’une déesse gauloise, Arduinna. Les Romains l’associèrent à la Diane chasseresse. Il faut comprendre le sens comme l’éminente et Ardennes aurait pu signifier « Hauteur sacrée » à l’origine d’après Luc Barray. Cependant, il ne faut pas forcément voir un lien entre les Ardennes et la déesse, car on retrouve des « ardennes » dans le Calvados, l’Eure, la Seine-Maritime. Le territoire était peuplé par les Trévires et les Remi. Sa plus grande ville est Charleville-Mézières.
- Arles (Camargue) : Arles tient son nom du gaulois Are Late qui signifie « la ville devant les marais ». En effet, elle est aux portes de la Camargue et est la plus importante ville du pays. Son territoire est habitée depuis le VIe siècle av. J.-C. Lorsque les Massaliotes viendront construire un comptoir parmis les locaux, ils renommeront la ville Théliné, la nourricière puisqu’elle est a été construite le long du Rhône et que son arrière-pays est riche. Les tribus locales se nommaient les Libici et les Nearchi.
- Auge (Auge) : sur le territoire des Lexoviens qui donnèrent leur nom à la capitale du pays, Lisieux. Leur nom aurait pu signifier « les penchés » ou « les boiteux ». D’après le couple Feynié, le terme d’Auge qui a été latinisé en Algiae, viendrait peut-être d’un homme germanique du nom d’Alagis.
- Aurignac (Le Comminges) : la ville a donné son nom à une culture du paléolithique, l’aurignacien. Concernant la toponymie, il faut se rapprocher du gaulois encore une fois car nous retrouvons la forme -ac qui signifie le « territoire de ». Et ici, c’est le territoire d’un Gaulois nommé Aurinius. Le territoire rejoint le Comminges au XIIIe.
- Autun (Autunois) : fondée sous le règne d’Auguste, son nom mêle Gaulois et Latin et signifie « Forteresse d’Auguste ». On parle alors d’Augusto dunum. Le mot dunum signifie forteresse en gaulois. Après la conquête, les Eduens ont migré de Bibracte (lié au gaulois Bebrus, le castor), leur antique capitale, vers cette nouvelle cité qualifiée de soror et aemula Romae, soeur et émule de Rome. Elle a son propre article ici.
- Auxonne (Dolois ou Dijeonnais) : sur le territoire des Séquanes. La commune tient sans doute son nom du gaulois Absonna que l’on retrouve comme Assona en 630 puis Auxona et enfin Auxonne. On peut comprendre ce toponyme comme « sur la rivière » et ici, c’est la Saône qui coule.
- Avesnois (Avesnois) : sur le territoire des Nerviens dont on peut traduire l’ethnonyme par « les Hommes forts ». L’Avesnois tient son nom de la capitale du pays, Avesne-sur-Helpe. On parle d’Avennatis en 1095. D’après Ernest Nègre, le terme aurait un lien avec l’avoine ou la terre maigre. D’autres explications penchent pour un lien avec le germanique avisna, « le pâturage ».
B
- Béarn (Béarn) : le Béarn tiens son nom des Aquitains Beneharniens (Benarni ou Vénarni dans les sources antiques). Pline les aurait peut-être mentionné sous le nom de Ptiani. Leur nom aurait un lien avec le basque harri, « la pierre » ou alors behera, « la terre d’en bas ».
- Beauce (Beauce) : la Beauce est un pays naturel immense connu comme étant le grenier à blé de la France. Son territoire est fertile. Sa capitale est Chartres, qui tient son nom des gaulois Carnutes (les Cornus) qui peuplaient la région. L’origine de son nom semble provenir d’un gaulois Belsa qui pourrait dire « espace découvert ».
- Blésois (Blésois) : le Blésois est un territoire situé juste en-dessous de la Beauce. Sa capitale est Blois, elle fut ville royale et son château fut apprécié par Louis XII. Grégoire de Tours nomma les habitants de la région Blesensis. Il existe plusieurs hypothèses pour expliquer le nom de la ville : on pensait y voir un breton bleiz pour « loup », mais ce n’est plus acceptée aujourd’hui. Une piste Pré-Indo-Européenne donne un bol pour hauteur. Sinon, la piste gauloise donne la même origine que la Beauce pour Belsa, « l’espace découvert ». Le territoire était également peuplé par les Carnutes, mais également les Turons.
- Bourbon-l’Archambault (Bourbonnais) : chez les Bituriges dont le nom signifie « les Rois du Monde » en gaulois car ils auraient exercé leur pouvoir sur une grande partie de la Gaule au Ve siècle avant J.-.C. Son nom vient de Borvo, un dieu Gaulois guérisseur associé aux sources. Durant l’antiquité on parle d’Aquis Bormonis puis on a rajouté Archambault en référence aux seigneurs du même nom entre le Xe et le XIIe siècle.
- Bourbonnais (Bourbonnais) : le Bourbonnais tient son nom du dieu gaulois Borvo. Ce territoire était peuplé par trois principales tribus, les Bituriges, les Arvernes et les Eduens. Trois tribus extrêmement puissantes. On connait ce pays, car il fut érigé en duché et fut le berceau de la famille de Bourbon qui sera amené à régner sur une bonne partie de l’Europe. Dans notre cas, la dynastie commença son règne avec Henri IV.
- Bray (Bray) : sur le territoire des Catuslogi, « les troupes de combat », une tribu dont le chef lieu aurait été la ville de Briga. Une ville redécouverte il y a peu et située à côté d’Eu. Une ancienne hypothèse donnait comme origine à Bray, le gaulois Bracos pour « boue » or on retrouve une ville de Bray en Saône-et-Loire et qui tient son nom du gaulois Briga, « la colline » ou « la hauteur ». Bray vient donc sans doute du nom de l’antique cité de Briga.
- Brie (Brie) : la Brie est un territoire au sud de la région parisienne et est divisée en plusieurs partie. Il y a la Brie française avec Brie-Comte-Robert, la Brie champenoise avec Provins et la Brie pouilleuse avec Château-Thierry. Sa première mention date de 632 dans le testament de sainte Fara, abbesse de Faremoutiers sous la forme Briegium. Son origine vient sans doute du gaulois et pourrait se rapporter à briga, un mot qui désigne une hauteur, un mont, une colline. L’article sur la Brie.
- Buch (Buch) :
- Bugey (Bugey) : le Bugey est un pays de Savoie qui tient son nom de la ville de Belley. On mentionne le territoire au concile de Paris en 552 sous la forme d’ecclesia Bellicensis. L’origine vient peut-être d’un gallo-romain du nom de Bellicius, un nom d’origine gauloise à rapproche des mots Bel ou Bello qui signifie « fort ». L’article sur le Bugey.
C
- Cahors (Quercy) : nommée d’après la tribu gauloise des Cadurques dont le nom aurait pu signifier « les sangliers de combats ». La ville a été fondée après la conquête sous le nom de Divona Cadurcorum à cause d’une source. On retrouve le mot gaulois Divona qui est lié à notre mot « divin » et se rapporte souvent aux sources et aux rivières chez les Gaulois. Il reste un amphithéâtre et des thermes. Elle a son propre article ici.
- Ceyzérieu (Bugey) : chez les Allobroges (« Ceux-qui-viennent-d’un-autre-pays ») ou les Ambarres (« Des-deux-côtés-de-la-Saône »). Nommée Saisireu en 1184 puis Saisiriacus en 1242. Ici, le classique acum qui vient du gaulois et désignait le territoire de quelqu’un est devenu ieu. Ce serait le domaine du Gaulois Saisirius.
- Chassenon (Confolentais) : chez les Lémovices, les guerriers des ormes. On parlait de Cassinomagus, le marché des chênes au temps de l’Indépendance Gauloise. C’était peut-être une sorte de ville sainte, car le chêne était sacré pour les Gaulois. Elle fut ensuite sur la Via Agrippa. La ville a encore les ruines de gigantesque thermes où s’arrêtaient les voyageurs.
- Château-sur-Epte (Vexin Normand) : territoire des Veliocasses, les modestes ou les distingués (hypothèses). A l’origine on parlait de Fuscelmont (Mont Silex ?) mais c’est sous Guillaume II d’Angleterre, d’après l’historien anglo-normand Orderic Vital, que l’on édifia le château.
- Cherbourg (Corlois) : territoire des gaulois Unelli dont le chef était Viridovix (« Juste-Victorieux »). La ville se nommait Coriovallum dont le nom aurait signifié « champ-fortifié-de-la-Troupe » et était déjà un port important situé sur la route de l’étain. Son port militaire date de l’époque de Louis XVI.
- Cheverny (Sologne) : sur le territoire des gaulois Carnutes (les cornus), le château de Cheverny veille depuis 1634. A proximité de Chambord et de Blois, ce territoire viticole tirerait peut-être son nom d’un gallo-romain Caprinius avec –acum pour désigner son domaine. Le prénom latin Caprinius signifie « chèvre ».
- Coulogne (Calaisis) : chez les Morins (les maritimes). On parle de Colonia Sancti Vulmari au Xe siècle en référence à Saint Wulmer né dans le Boulonnais au VIIe. On connaît le seigneur du coin au XIIIe, Pierre Li Frérons. Le premier chemin de fer date de 1848.
- Coulommiers (Brie) : peut-être du latin columba, à cause d’un colombier. Une inscription mentionne Antonin le Pieux en l’an 155. Clovis aurait remplacé le colombier par l’hôtel des Salles, un monogramme l’attesterait. Cependant cela reste très hypothétique. L’histoire documentée démarre avec Herbert II au Xe siècle. Elle a son propre article ici.
- Counozouls (Fenouillèdes) : peut-être chez les Ibères Sordes (peuple du marais) ou les Bébryces (peuple du castor). La toponymie serait gauloise (avec –ialos, la clairière), on parle de Conosalium en 1367. Xavier Delamarre avance comme signification la « clairière-du-Loup ».
D
- Darnac (Marche) : sur le territoire des Gaulois Lémoviques, « les Guerriers-de-l’Orme », une allusion à leur arme réalisée dans ce matériau. Darnac tient son nom d’un gaulois, Aternus (dérivé du « père », ater) et de sa propriété -acum. Il reste une tour du château de la Côte-au-Chapt.
- Dijon (Dijonnais) : chez les Lingons (les sauteurs [à cheval ?]). Anciennement Divio en référence à une ou plusieurs sources sacrées pour les Gaulois. Plus tard elle sera la capitale du puissant duché de Bourgogne.
- Dinard (Poudouvre) : territoire des Coriosolites (Troupes qui veillent) puis des Dumnonii (les Ténébreux ou les Sombres, d’après X. Delamarre) qui y fonderont un royaume. Son nom vient du vieux-breton Din (à rapprocher du Gaulois Dun) + Ard. Cela peut signifier « Elevé », « Distingué », mais également « Ours » et avant d’être une station balnéaire, c’est l’endroit où le roi Arthur/Arzhur aurait débarqué et fait édifier un fort.
E
F
G
- Granville : sur la partie méridionale du territoire des Unelles dont le célèbre chef Viridovix (Combattant-Juste) mena ses troupes contre César en -56. On parle de Grandivilla au XIe. La ville fut profondément remaniée pendant la guerre de Cent Ans par Thomas de Scale.
H
- Les Houches (Pays du Mont Blanc) : chez les Ceutrons chez qui passa Hannibal. Le mot est d’origine gauloise avec Olca, le terrain labourable. Il nous a été transmis par le latin et on le retrouve dans le français « ouche », une bonne terre fertile.
- Huriel (Bourbonnais) : sur le territoire des Gaulois Bituriges Cubes dont le nom signifie les Rois-du-Monde (des vivants). Mentionnée comme Uriaco au Moyen Âge, son nom pourrait venir du domaine d’Urius dont le nom vient du latin et signifie Auroch. Un château y a été bâti au XIᵉ.
I
J
- Joinville (Perthois) : fief d’origine de Jean de Joinville qui participa à la septième croisade et a été le biographe de saint Louis. Pays des Gaulois Lingons (« les sauteurs » ou « danseurs »), son château fut détruit sur ordre de Philippe Egalité.
K
L
- Laon (Laonnais) : Chez les (P)Remi, les « Premiers » ou « Plus Anciens », peuple Gaulois déjà présent vers le Ve av. J.-.C. Laon tient son nom du dieu Gaulois Lug, car en 549, on l’appelle encore Lugdunensis, la forteresse du Dieu Lug. C’est donc une sœur de Lyon par le nom.
- Lattes (Montpellierais) : port important dès le VIIe siècle av. J.-C., son nom était alors Latara en référence au gaulois Lat qui signifie « marais ». La ville est de fondation Etrusque. Elle passa ensuite sous influence Massaliote lorsque les Phocéens s’imposèrent dans la région. Cela restera un port important pour Montpellier jusqu’au XVe.
- Lyon (Lyonnais) : capitale des Gaules, Lugdunum, la forteresse du dieu gaulois Lug (associé à Mercure chez les Romains, dieu des voyageurs et commerçants). A l’origine bâti sur la colline de Fourvière. au confluent du Rhône et de la Saône, il y avait une ville nommée Condate dont le nom gaulois signifie « la confluence ». La légende de sa fondation raconte que deux frères, le roi Atepomaros (Très Grand Cavalier) et Momaros, parfois présenté comme druide, fondèrent la ville. Atepomaros avait été renversé par Seseroneos. Un vol de corbeau (ornithomancie) convainquit Momaros de donner le nom de Lugdunum à la ville, nous dit Plutarque. Plutarque (ou un pseudo-Plutarque) pensait que lugus signifiait « corbeau » et dunus, « montagne », en citant Clitophon de Rhodes. L’histoire est une version gauloise d’un mythe indoeuropéen, comme celle de Romulus et Rémus.
M
- Le Mage (Perche) : sur le territoire des gaulois Carnutes, « les cornues ». L’étymologie serait peut-être originaire du latin meaticum, le droit de passage. On mentionne le village comme Magevilla en 1202 et Megium en 1347. Situé sur la commune, le château du Feillet, date du XVIIe.
- Mandeure (pays de Montbéliard) : son nom gaulois était Epamanduoduro qui signifie l’Etablissement-de-la-route-aux-Chevaux. Avec le terme Epa pour « chevaux » que l’on retrouve dans la déesse gauloise Epona. C’était le lieu de décharge des chevaux et voitures après un voyage sur le Doubs, pour ensuite rejoindre le Rhin. Cette route était surtout utilisé après la Conquête romaine. Le territoire était celui des Gaulois Séquanes dont le nom signifie les Gens-de-la-Seine ou Adorateur de la Seine.
- Marseille (Marseillais) : on attribue la fondation de la ville aux Phocéens, des Grecs d’Anatolie qui auraient fondé une colonie pour développer le commerce. La légende raconte l’origine de la ville par l’union d’un Grec et d’une Gauloise, Protis et Gyptis. Gyptis aurait été la fille du chef gaulois, ce dernier aurait autorisé les Grecs à s’établir sur ses terres. Avant les Grecs, il y avait déjà un port appartenant aux Ségobriges (Fort de la Victoire) qui se nommait Lacydon (du grec désignant des marais salants) au VIIe avant J.-C.
- Metz (Messin) : son nom antique était Divodurum, en gaulois la « Porte-des-Dieux ». Situé sur le pays des Médiomatriques (qui donneront leur nom au territoire), que l’on peut traduire par « ceux-du-milieu-des-Eaux ». Leur territoire originel était situé entre la Matrona (Marne) et la Matra (Moder). Il y a eu un amphithéâtre, des thermes. Intégrée sous Henri II à la couronne de France qui y rentre victorieux en 1552.
- Molèdes (Cézalliers) : chez les Gaulois Arvernes, dont le nom signifie peut-être « ceux-devant-l’aulne ». Cela ferait référence au bouclier. Située sur le massif du Cézallier au climat rude. On parlait de l’ecclesia Moledas (XIVe).On retrouve sur son territoire la tour carrée de Colombine, édifiée entre le XIIe et XIIIe par la famille de Molèdes.
- Montmirail (Omois) : sur le territoire des Gaulois Cénomans dont le nom signifie ceux-qui-marchent-loin. Il y a eu un château au moins dès le XIIe, mais l’actuel date du XVe. Ici, Louis VII le Jeune rencontra Henri II Plantagenêt pour le compte de Thomas Becket. Ce dernier était alors en exil dans le royaume de France.
- Mont-Saint-Michel (Baie du Mont-Saint-Michel) : le célèbre Mont, située en Normandie, n’a pas toujours eu ce nom. Auparavant, il était connu sous le nom du Mont Tombe. Le territoire appartenait aux Abrincates, qui ont donné leur nom à Avranche, et qui signifie « les-forts-en-combat ». L’abbaye a été fondée au cours du VIIIe.
- Moulins (Allier – Bourbonnais) : du latin Molinum (moulin) en référence aux nombreux moulins à eau sur l’Allier (disparus aujourd’hui). Territoire des Eduens durant l’Antiquité puis capitale du duché de Bourbon. La première mention date de 990 et est dans une charte de l’abbaye de Cluny. Elle a son propre article ici.
N
O
- Octeville-sur-Mer (pays de Caux) : chez les Gaulois Calètes dont le nom signifie « les Durs » ou « les Vaillants ». On retrouve Octevilla dès 1035, ce serait donc le domaine d’un scandinave du nom d’Otto.
P
- Paris (Parisis) : chez les Parisii dont le nom aurait pu signifier « les porteurs de Lances ». Peuplée depuis 2300 ans, Lucotecia puis Lutèce était la ville des marais sur le bord de Séquane (Seine) et de la Bièvre (signifiant castor en gaulois). Camulogène dont le titre signifie le fils du dieu champion, fut son défenseur. C’est à Lutèce que César réunit l’assemblée de toute la Gaule en -53.
- Pau (Béarn) : mentionnée au XIIe comme Castrum de Pado ou Castellum de Pal. Son nom serait pré-indo-européen avec le pal avec une signification de « rocher escarpé ». Elle fut la capitale du Béarn au XVe et fut la résidence principale des rois de Navarre au XVIe. Né ici, Henri III de Navarre deviendra Henri IV de France.
- Pont-Aven (Cornouaille) : Chez les Gaulois Osismes, « ceux-de-l’extrême » ou « les-ultimes » et plus tard les Bretons Cornovii. Aven signifie « rivière » en vieux-breton, on retrouve avantia en gaulois pour une rivière ou une source. Ce fut la cité des peintres sur la deuxième moitié du XIXe.
- Pontivy (Porhouët) : Pont-Ivy ou Pond-Ivy (en Breton), ancien chef-lieu du duché de Rohan sur le Blavet. Nommée d’après Saint Ivy, qui serait originaire de Lindisfarne. Napoléon la renomma Napoléonville et voulait en faire un centre commercial avec la construction du passage du canal de Nantes à Brest.
Q
- Quimper (Cornouaille) : capitale de la Cornouaille, pays des Gaulois Osismes dont le nom signifie « ceux-de-l’extrême » puis de leurs cousins Bretons Cornuvii. Habitée depuis la Tène, on ne connaît pas son nom antique. Son nom breton est Kemper (attesté au XIᵉ). C’est le fleuve Odet qui y coule. La ville est aussi connue pour ses faïences.
R
- Riom (Limagne) : c’était le marché principal des Arvernes, nommé Rigomagensis vicus au VIe, le marché du roi, puis Riomensis-villae (1169) et finalement Riom. Le nom est gaulois de rigo, « le roi » et magos, « le marché ». C’est la ville d’origine de Grégoire de Tours et plus tard capitale du duché d’Auvergne.
S
- Saintes (Saintonge) : capitale des Santons, les « cheminants », autrefois appelé Mediolanum Santonum, le centre des Santons. Capitale originelle de la Gallia Aquitanica, la Gaule Aquitaine, elle en garde l’arc de Germanicus (restauré en 1666), un amphithéâtre (qui date d’Auguste) ainsi que des thermes. Elle a son propre article ici.
- Saint-Bertrand-de-Comminges (Le Comminges) : anciennement Lugdunum située sur la Garonne avec le peuple gaulois des Convènes. L’oppidum était situé entre Arès et le mont Laü. L’endroit a été occupé dès le IIe siècle av. J.-.C. Le nom de Saint Bertrand vient de l’évêque de ce territoire que l’on nommait Lugdunum Convenarum, il reconstruisit la cathédrale et fut reconnu saint très rapidement après sa mort.
- Sceaux-du-Gâtinais (Gâtinais) : Chez les Sénons, « les Anciens » ou « les Sages ». Il y avait un théâtre antique à l’époque gallo-romaine ainsi qu’un forum-sanctuaire avec des thermes où venait l’eau d’une source via un aqueduc. L’ensemble faisait 25 ha. Son nom vient de la déesse gauloise Segeta (dea Segetae). On retrouve la ville sur la table de Peutinger sous le nom d’Aquis Segeste. Le radical seg– apporte l’idée de force, de puissance. La déesse avait donc le pouvoir de rendre la santé, la vigueur, par ses eaux.
- Sisteron (Sisteronnais) : Son nom gaulois vient de Sego-stero ou la « Citadelle-Forte ». C’était la capitale des Sogiontiques (avec sego pour la « force »). Située sur le passage de la Via Domitia, reliant Italie et Espagne. La position de Sisteron offre la capacité de contrôler la vallée de la moyenne Durance. Depuis le XIIe, la citadelle veille.
T
- Tannerre-en-Puisaye (Puisaye) : chez les Sénons (les Anciens ou les Sages). On parle de Tanotra au IXᵉ et Tannadorum en 1233. La ville tient son nom du gaulois avec Tanno, le chêne vert, et durum pour l’établissement. Il y avait une mine de fer à l’époque gauloise.
- Troyes (Tricassin) : capitale des Gaulois Tricasses dont le nom signifie « Trois tresses » ou « Trois boucle », mais également connu sous le nom d’Augustabona (« fondation d’Auguste ») durant l’Antiquité. Comme pour Autun, son nom mêle latin et gaulois avec Auguste et bona qui signifie « fondation » ou « ville » en gaulois. Elle fut la capitale historique des comtes de Champagne.
- Toul (Toulois) : sur le territoire des Leuques (« les brillants » ou « les fulgurants »). Toul était nommée Toullon par Ptolémée puis Tullum Leucorum par César. Son nom vient du gaulois tullo– pour « enflé » ou « gonflé » qui nous donna l’ancien français tolon pour « colline » ou « éminence ». Il est rare qu’un chef-lieu gaulois n’ait pas pris le nom de son peuple. Elle fut chef-lieu d’un diocèse dès le IVe et démembré en 1778. La ville fut principauté épiscopal au Xe siècle jusqu’à son annexion par la France en 1552.
U
- Uza (Pays de Born) : tire son nom du gascon Busar, « la fougeraie ». Territoire des Cocosates, petit peuple celtibère aussi nommé Sei-signani par Pline parce qu’ils étaient composés de 6 tribus. Leur nom était donc les « Six-enseignes ». C’est la famille de Montferrand qui érigea le château.
V
- Valence (Valentinois) : territoire des Ségovellaunes dont le nom aurait pu signifier les « chefs-de-la-victoire ». Fondée après la conquête sur la via Agrippa, le nom de la ville signifierait « la vaillante ». De ce passé antique, il ne reste pas grand-chose. Sa cathédrale a été consacrée par Urbain II.
- Valenciennes (Valenciennois) : nommée d’après l’Empereur Valentinien Iᵉʳ, à la limite entre le territoire des Atrébates (les maîtres du sol) et les Nerviens (d’après le dieu Nérios avec le sens de force ou virilité). Elle a été intégrée à la France grâce au traité de Nimègue en 1678.
- Vichy (Bourbonnais) : territoire des Ambivares dont le nom pourrait signifier « des deux côtés du cours d’eau » (ici l’Allier sans doute), un petit peuple gaulois client des Eduens. On mentionne la ville comme Vichei en 1067. Sur la table de Peutinger, on la nommait Aquis Calidis, « les eaux chaudes ». Ernest Nègre propose une origine romaine avec le nom Vicarius. Albert Dauzat, un autre spécialiste, penche plutôt pour Vippius + –acum (un suffixe gaulois marquant la propriété de quelqu’un).
