Auvergne-Rhône-Alpes

Comme vous avez pu le constater, j’ai décidé de proposer les régions actuelles afin que vous puissiez naviguer sur des territoires dont vous connaissez au moins le nom. J’ai bien conscience que le Tonnerrois ou les Combrailles ne parleront pas forcément à tout le monde.

Cependant, ces régions administratives ne sont pas le fruit de l’histoire, de batailles ou de conquêtes, mais avant tout le résultat d’une construction administrative contemporaine. La région Auvergne-Rhône-Alpes réunit ainsi plusieurs territoires historiques que je vais brièvement vous présenter ici.

Carte de la région Auvergne-Rhône-Alpes

Découvrez une carte interactive de la région Auvergne-Rhône-Alpes qui vous permet d’explorer directement les pays sur lesquels j’ai rédigé un article.

Deux régions administratives, plusieurs histoires

Comme dit plus haut, la région Auvergne-Rhône-Alpes est le fruit d’une construction administrative récente. Elle est née en 2016 de la fusion des anciennes régions Auvergne et Rhône-Alpes. Les raisons avancées étaient notamment liées aux économies d’échelle, à la mise en commun des moyens et à la volonté de créer des régions administratives de plus grande taille.

Contrairement à la Bretagne ou à la Normandie, par exemple, la région actuelle ne correspond donc pas à une ancienne entité historique ayant été réunie sous une même autorité politique. Elle rassemble au contraire plusieurs territoires dont les histoires ont longtemps évolué séparément.

D’un côté, nous trouvons l’Auvergne ; de l’autre, plusieurs territoires historiques correspondant en partie à l’ancienne région Rhône-Alpes, notamment la Savoie, le Dauphiné et le Lyonnais. Tous ces territoires ont connu l’Antiquité gauloise et gallo-romaine, mais leur histoire médiévale et moderne est très différente.

L’Auvergne fut notamment partagée entre plusieurs pouvoirs et dynasties avant de passer progressivement sous l’influence des Bourbons. Le Lyonnais fut intégré au royaume de France au Moyen Âge, tandis que la Savoie constitua pendant plusieurs siècles un État souverain autour de la maison de Savoie. Quant au Dauphiné, il fut rattaché au royaume de France en 1349.

Les pays traditionnels d’Auvergne

Tout d’abord, mentionnons l’Auvergne, terre des Arvernes, dont le nom est généralement considéré comme issu de celui de ce peuple gaulois. Les Arvernes furent l’une des principales puissances de la Gaule indépendante. C’est parmi eux que l’on trouve le célèbre Vercingétorix, qui prit la tête de la grande révolte gauloise contre Jules César en 52 av. J.-C.

Son nom est généralement interprété comme signifiant quelque chose comme « Grand-Roi-des-Guerriers ».

Au Moyen Âge, l’Auvergne fut longtemps partagée entre plusieurs seigneuries et lignages. En 1241, Alphonse de Poitiers, frère de Saint Louis, devint comte d’Auvergne par son mariage avec Jeanne, héritière du comté. Le territoire connut ensuite plusieurs divisions et changements de souveraineté avant qu’une partie importante de l’Auvergne ne passe aux Bourbons.

  • Bourbonnais : cette ancienne province était centrée autour de la seigneurie de Bourbon, dont la principale ville fut longtemps Bourbon-l’Archambault avant que Moulins ne devienne la capitale du Bourbonnais. Retrouvez l’article ici.
  • Les Combrailles : ce pays de plateaux et de vallées granitiques s’étend aux confins de l’Auvergne et du Limousin. Il constitue un espace de transition entre ces deux ensembles historiques. Retrouvez l’article ici.

Les pays traditionnels de Savoie

La Savoie possède une histoire particulièrement ancienne. Son nom est généralement rattaché à la Sapaudia, un territoire mentionné par l’historien romain Ammien Marcellin au IVe siècle. On a traditionnellement interprété ce nom comme signifiant « pays des sapins », en le rapprochant de termes gaulois désignant le sapin et la forêt.

Avant la période romaine, une grande partie de l’actuelle Savoie était occupée par les Allobroges, peuple gaulois qui contrôlait notamment les territoires situés autour du Rhône et du lac Léman. À partir du Moyen Âge, c’est cependant la maison de Savoie qui va progressivement imposer son autorité sur la région. Le comté de Savoie devient un duché en 1416 et la maison de Savoie développe progressivement un État qui s’étend bien au-delà des actuels départements français de Savoie et de Haute-Savoie.

Ce territoire ne fut finalement rattaché à la France qu’en 1860, sous Napoléon III.

  • Le pays de Gex : cette petite région située entre le Jura et la frontière suisse constitue un territoire particulièrement intéressant par son histoire. Découvrir l’article ici.
  • Le Bugey : territoire des gaulois Ambarres, et siège d’un évêché avec la ville de Belley qui a donné son nom au territoire. Pour lire l’article, c’est ici.

Les pays traditionnels du Dauphiné

Le Dauphiné tient son nom du titre de dauphin, lui-même issu du latin delphinus, « dauphin ». Le terme est associé à Guigues IV, comte d’Albon, auquel le surnom de Dauphin est attesté dès le début du XIIe siècle. Ce surnom devint ensuite héréditaire au sein de sa lignée et finit par désigner le territoire qu’elle contrôlait : le Dauphiné.

Le territoire fut notamment occupé dans l’Antiquité par les Allobroges, les Voconces et plusieurs autres peuples gaulois selon les secteurs. Après la conquête romaine, il fut intégré à l’organisation impériale avant de connaître les transformations politiques du haut Moyen Âge et l’intégration progressive aux différents royaumes issus de l’Empire romain.

En 1349, Humbert II de Viennois céda le Dauphiné au roi de France Philippe VI. Le territoire fut alors attribué à l’héritier du trône, qui porta désormais le titre de dauphin de France. Cette pratique donna au mot « dauphin » le sens politique que nous lui connaissons encore aujourd’hui.

À noter qu’il ne faut pas confondre le Dauphiné de Viennois avec le Dauphiné d’Auvergne, autre territoire historique situé plus à l’ouest.

Les pays traditionnels du Lyonnais

Le Lyonnais tire son nom de Lyon, l’antique Lugdunum. Le nom est généralement interprété comme une association entre Lug, divinité gauloise, et dunum, terme gaulois désignant une hauteur fortifiée ou une colline. Le site de Fourvière accueille la colonie romaine fondée en 43 av. J.-C., mais l’agglomération lyonnaise existait déjà avant la fondation romaine et plusieurs secteurs, notamment Vaise et les abords de la Saône, avaient connu des occupations antérieures.

Une autre agglomération gauloise portant le nom de Condate, terme pouvant désigner une confluence, se trouvait également dans le secteur lyonnais. Elle est généralement située vers la Croix-Rousse, même si la localisation précise de cet établissement fait encore l’objet de discussions.

Le Lyonnais était, dans l’Antiquité comme sous l’Ancien Régime, un ensemble beaucoup plus vaste que l’actuelle métropole lyonnaise. Il constituait un territoire de transition entre plusieurs ensembles historiques et bénéficiait de la position stratégique de Lyon, située au confluent du Rhône et de la Saône.

Aujourd’hui encore, Lyon constitue l’un des principaux pôles économiques et urbains d’Auvergne-Rhône-Alpes.

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