Les provinces historiques de Bretagne : carte, histoire et symboles
Quand on parle de la Bretagne aujourd’hui, on pense d’abord à la région administrative, limitée à 4 départements. Mais la Bretagne historique couvrait un territoire plus vaste, organisé autour de 9 anciens évêchés : Léon, Trégor, Cornouaille, Vannetais, Dol, Saint-Malo, Saint-Brieuc, Rennes et Nantes. Ce sont ces mêmes évêchés qui donnent leurs bandes au drapeau breton, le Gwenn Ha Du. Autour d’eux se sont formés, au fil des siècles, des pays plus locaux que nous allons voir sur ce blog : le Porhouët, le pays de Retz, le pays d’Ancenis.
Carte de la Bretagne Historique interactive
Découvrez la Bretagne historique par une carte interactive qui vous permet d’aller directement aux articles sur le pays breton qui vous intéresse.
Bretagne historique et Bretagne administrative
Le territoire d’une province historique ne couvre pas forcément le territoire actuel qui est généralement un fait administratif et politique. C’est pourquoi la question de « Nantes est-elle bretonne ? » dépend du contexte dans lequel on se place. Si on parle d’un point de vue administratif, Nantes n’est pas bretonne puisqu’elle est dans les Pays de la Loire. Mais, du point de vue historique, Nantes est bien bretonne. On y retrouve le château des ducs de Bretagne.
Les provinces historiques de Bretagne
Basse-Bretagne (bretonnante)
- Cornouaille : la plus vaste des provinces bretonnes, au sud-ouest de la péninsule, autour de Quimper. On y retrouve le pays Bigouden. Retrouvez l’article ici.
- Léon : à la pointe nord-ouest, autour de Saint-Pol-de-Léon puis Brest ; l’un des foyers les plus vivaces de la langue bretonne.
- Trégor : entre Léon et Cornouaille, autour de Tréguier et Lannion, sur la Côte de granit rose.
- Vannetais : au sud, autour de Vannes ; particularité linguistique avec son propre dialecte breton, le vannetais. A été la capitale du duché pendant un temps. Retrouvez l’article ici.
- L’île de Batz : tout au nord du Finistère, l’île de Batz qui a été le lieu où Saint Pol Aurélien a défait le dragon. Retrouvez l’article ici.
Haute-Bretagne (gallèse)
- Rennes : capitale historique du duché, cœur administratif de la Bretagne depuis le Moyen Âge.
- Nantes : ancienne capitale ducale elle aussi (les ducs y résidaient autant qu’à Rennes), aujourd’hui hors de la région administrative.
- Saint-Malo : cité corsaire fortifiée, célèbre pour ses armateurs et corsaires des XVIIᵉ-XVIIIᵉ siècles.
- Saint-Brieuc : sur la côte nord, entre Trégor et pays malouin. Composé du Goëlo et du Penthièvre.
- Dol : petit évêché autour de Dol-de-Bretagne, l’un des plus anciens sièges religieux de la région.
- Porhouët : pays intérieur, autour de Josselin, rattaché historiquement à l’évêché de Saint-Malo.
- Pays de Fougères, de Vitré, de la Vilaine, de la Mée : pays de Marche, aux confins de la Bretagne et du royaume de France, marqués par leurs châteaux forts de frontière.
- Guérande : pays des marais salants, à la pointe sud, entre terre et océan.
- Pays de Retz : au sud de la Loire, en face de Nantes. Seul pays breton où l’on produit du vin, mais également connu pour avoir été le territoire de Gilles de Rais, compagnon de Jeanne d’Arc.
- Pays d’Ancenis : le long de la Loire, entre Nantes et l’Anjou.
Deux langues, une région
La Bretagne est une région où le bilinguisme, voire le trilinguisme pour une partie du XXᵉ siècle, a longtemps été la norme. En Basse-Bretagne, on parle breton, lui-même divisé en plusieurs variantes selon qu’on se trouve en pays cornouaillais, léonard ou vannetais. Une version unifiée a été mise en place au XXᵉ siècle sous le nom de breton KLT (Kerne-Leon-Trégor).
En Haute-Bretagne, séparée très grossièrement par un axe Saint-Brieuc/Vannes, c’est le gallo qui domine, une langue romane, comme le français, qui s’inscrit dans une aire de continuité linguistique allant de la Belgique à la Catalogne, et de la Bretagne jusqu’au nord de l’Italie.
Cette distinction se retrouve jusque dans le Gwenn Ha Du, le drapeau breton, où les évêchés gallos et bretonnants sont représentés par des bandes noires et blanches distinctes.
Les symboles bretons
La Bretagne est associée à des symboles très précis : le Gwenn Ha Du, l’hermine, le noir et le blanc ainsi que le Kroaz Du (Croix Noire) pour les plus connaisseurs. Ce sont également des symboles que je tente d’expliquer dans l’article cité précédemment et que je vous invite à lire.
Retrouvez ici l’article consacré aux drapeaux utilisés par la Bretagne au cours des siècles.
Les derniers articles sur la Bretagne
L’histoire de la Bretagne (version courte)
On ne parle de Bretagne que lorsque les Bretons de l’île de Bretagne vont venir s’installer en Armorique entre les IIIᵉ et Vᵉ siècles. Tout d’abord, des hommes d’armes bretons ont été amenés par les Romains pour défendre le littoral contre les Saxons. Puis, ils viendront s’installer en masse lorsque les Angles et les Saxons envahiront l’île de Bretagne. A savoir que les Bretons et les Gaulois étaient déjà liés par la langue et la religion. Et même bien avant, il y avait déjà du commerce à l’âge du Bronze entre la façade Atlantique et les Îles Brittaniques.
Ensuite, lorsque les Francs ont conquis les territoires du nord de la France, les Bretons se sont opposés pour ne pas être intégrés. Une marche, un territoire marquant la frontière, sera créée sous Charlemagne. C’est à cette époque que le célèbre Roland, mort à Roncevaux, aurait été le comte de la Marche. Nominoë marquera l’indépendance nette de la Bretagne sous les derniers Carolingiens, puis le duché de Bretagne tentera de faire jouer les Anglais et les Français entre eux pour garder son indépendance. Jusqu’à ce que la duchesse Anne de Bretagne ne se marie à Louis XII.
C’est en 1532 que le duché de Bretagne sera officiellement rattaché à la Bretagne. Jusque-là, François Iᵉʳ et les rois de France successifs seront souverains au titre de duc de Bretagne. Cependant, elle gardera une certaine indépendance jusqu’à la Révolution.
Conclusion
La Bretagne qu’on connaît aujourd’hui, avec ses 4 départements, n’est donc qu’une version simplifiée d’un territoire bien plus riche et morcelé. Chacune de ces provinces a sa propre identité, ses propres traditions, et parfois son propre patrimoine visuel. C’est ce que nous explorerons pays par pays dans les articles à venir.















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