La Cornouaille

La Cornouaille

Face à l’immensité de l’océan, la Cornouaille déploie ses paysages sauvages et ses cités de caractère. Ce pays traditionnel de la pointe bretonne doit son identité aux vagues migratoires des Bretons Cornovii venus de Grande-Bretagne entre le IIIᵉ et le Vᵉ siècle pour s’installer chez leurs cousins continentaux, les Osismes (« les gens du bout du monde »). J’avais déjà parlé de l’île de Batz auparavant.

L’installation des Cornovii : face aux pirates saxons

L’alliance culturelle et linguistique entre les peuples brythoniques et gaulois était déjà scellée par des siècles de commerce transmanche depuis l’âge du bronze.

  • Le rempart de l’Empire : À la fin du IIIᵉ siècle, sous l’impulsion de l’empereur Constance Chlore et pour contrer les raids des pirates saxons, les Cornovii , originaires de Wroxeter (Viroconium, le domaine de l’homme-loup) et de Chester, sont installés en Armorique.
  • Le Tractus armoricanus : C’est à cette époque que s’érige le réseau défensif de l’Empire, notamment le castrum de Brest. Au VIᵉ siècle, face aux poussées anglo-saxonnes en Grande-Bretagne, cette migration à l’origine militaire se transforme en un exode de peuplement massif.

Le roi Gradlon et l’épopée des saints fondateurs

L’histoire de la Cornouaille bascule ensuite dans le semi-légendaire avec le roi Gradlon, fils de Conan Meriadec et lié à sainte Darerca, la sœur de saint Patrick. C’est sous l’égide de chefs comme Morvan puis Nominoë que les Bretons forgeront leur indépendance face à la suprématie des rois francs. Bien que l’indépendance ne fût que partielle, puisque l’empereur Louis le Pieux réussit à imposer la règle de saint Benoît à l’abbaye de Landévennec. Ces derniers suivaient encore la règle de saint Colomban.

Saint Corentin : le protecteur de Quimper

La capitale historique, Quimper (Kemper), est indissociable de son saint fondateur : saint Corentin (Kaour). Sacré premier évêque de Cornouaille par le roi Gradlon au Vᵉ siècle, son culte rayonna bien au-delà de la Bretagne. Au Xᵉ siècle, pour protéger sa dépouille des raids vikings, Hugues Capet fit transférer son corps en Île-de-France. Ses reliques inspireront plus tard la fondation de l’abbaye Saint-Corentin dans les Yvelines, confirmée par le roi Philippe Auguste.

Cathédrale Saint-Corentin de Quimper
Cathédrale Saint-Corentin de Quimper
Par Amadalvarez — Travail personnel, CC BY-SA 3.0

Les trois piliers historiques de la Cornouaille

1. Carhaix-Plouguer : l’antique Vorgium

Située à l’extrême-ouest de la Cornouaille, Carhaix est le cœur battant de l’Argoat.

  • La métropole romaine : bien avant de vibrer au rythme du célèbre festival des Vieilles Charrues, la ville était Vorgium, la grande capitale gallo-romaine des Osismes. Au IIIᵉ siècle, elle s’impose comme la plus vaste cité de la péninsule. Son nom signifie l’ouvrage, dans le sens d’ouvrage défensif.
  • Le carrefour routier : les Bretons la rebaptiseront Kaer Karoses, le lieu fortifié du carrefour. Un nom dérivé du latin carruvium (ou quadruvium), témoignant de sa nature stratégique de nœud routier antique. On la nommait Corophesium en 818.
Eglise Saint-Pierre de Plouguer
Eglise Saint-Pierre de Plouguer
Par Moreau.henri — Travail personnel, CC BY-SA 3.0

2. Concarneau : la conque de Cornouaille

Occupé dès le Ve millénaire av. J.-C. comme l’attestent ses vestiges mégalithiques, le site de Concarneau (Konk-Kerne) signifie littéralement « la baie de Cornouaille ».

  • La Ville Close : si la légende attribue sa création au chef breton Concar vers le VIIIᵉ siècle, la célèbre cité fortifiée actuelle fut bâtie sur les bases d’une première enceinte médiévale dressée par le duc Jean II (XIIIᵉ siècle), avant d’être remaniée aux XVe et XVIᵉ siècles puis par le célèbre Vauban.
Vue aérienne de Concarneau
Vue aérienne de Concarneau
Par Jean-Jacques Abalain from Melgven (près de Concarneau) — Concarneau : la ville close à marée basse, CC BY 2.0

3. Châteaulin : le sommet de la butte

Établie au cœur de la vallée de l’Aulne, la commune de Châteaulin tire son nom breton, Kastellin, de l’ancien Kastell-Nin.

  • Le château du sommet : en vieux breton, Nin désigne un sommet ou une cime, qualifiant la butte castrale escarpée où s’était retiré un saint local. Ce site stratégique, fortifié par les Romains dès la Conquête, devint l’un des verrous défensifs majeurs des comtes de Cornouaille.
Chapelle Notre-Dame et son arc de triomphe de Châteaulin
Chapelle Notre-Dame et son arc de triomphe de Châteaulin
Par fr:user:Ifernyen — fr.wikipedia.org, work of fr:user:Ifernyen, CC BY-SA 3.0

🛡️ Le Cartouche Fokus : le blason de Cornouaille

Blason de Cornouaille
le blason de Cornouaille

La Cornouaille : le Mouton d’Argent des Kernev Le blason traditionnel de la Cornouaille, d’azur au bélier d’argent corné et ongulé d’or, incarne la noblesse pastorale et la force indomptable de ce pays historique de l’extrême-ouest breton. Portez haut les couleurs du royaume de Gradlon !

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Sources et bibliographie