Pour notre exploration du jour, direction la côte Atlantique, au cœur de la Gironde, pour découvrir l’histoire fascinante du Pays de Buch. Entre forêts de pins, Bassin d’Arcachon et traditions gasconnes, ce territoire cache un patrimoine historique d’une incroyable richesse.
Auparavant, j’avais présenté le Médoc, qui est juste au nord.
Les origines du Pays de Buch : des Boïens aux Boïates
L’étymologie du Pays de Buch plonge ses racines dans l’époque gauloise. Son nom nous vient des Boïens, un peuple celte dont l’ethnonyme signifie « les Terribles ».
Si certains Boïens ont laissé leur empreinte en Europe centrale (donnant leur nom à la Bohême) ou en Italie (à l’origine de Bologne), Jules César en installera également autour de Sancerre.
Quant aux Boïens d’Aquitaine, les mystères restent nombreux. Leur nom est historiquement attesté sous la forme Boïates, utilisant le suffixe -ate (qui évoluera plus tard en -ac en Languedoc), confirmant leur ancrage local.
Où se situait la capitale des Boïates ?
L’emplacement de leur civitas au IVᵉ siècle fait encore débat :
- Selon l’Itinéraire d’Antonin (un guide de voyage de l’Antiquité), elle se situait à une vingtaine de kilomètres de Bordeaux.
- Cette distance exclut l’actuelle commune de La Teste-de-Buch.
- C’est la ville de Biganos qui semble correspondre le mieux. D’ailleurs, ses habitants sont toujours appelés les Boïens !
Le Captalat de Buch : six siècles de seigneurs gascons
Au Moyen Âge, une grande partie du territoire était gouvernée par le captal de Buch (captal étant le mot gascon pour désigner un chef ou un capitaine). Que la Guyenne soit sous domination des Plantagenêt (anglais) ou des Capétiens (français), le captal a toujours conservé son titre prestigieux.
Quatre grandes dynasties se sont succédé sur six siècles :
- La famille de Bordeaux (1250-1328) : menée initialement par Pierre IV de Bordeaux, sénéchal de Bigorre et lieutenant du prince Édouard.
- La famille de Grailly (1328-1593) : Originaire du pays de Gex, elle s’unit aux Bordeaux par mariage. Le célèbre Jean III de Grailly (1330-1376), membre de l’ordre de la Jarretière, fut l’un des capitaines du Prince Noir.
- La famille de Nogaret de La Valette (1593-1713) : cette lignée prit les rênes du captalat en épousant l’héritière des Grailly.
- La famille d’Amanieu de Ruat (1713-1803) : le titre fut ici racheté par un conseiller du roi à la cour du Parlement de Bordeaux.
Pour représenter le blason du pays de Buch, j’ai utilisé celui de Jean Ier de Grailly. Ce seigneur l’aurait rapporté de sa participation à la huitième croisade, avant de s’illustrer dans la guerre des Barons aux côtés du roi Henri III Plantagenêt. Mon choix est arbitraire.
Il se décrit ainsi avec le langage héraldique : D’argent, à une croix de sable chargée de cinq coquilles d’argent.

De la récolte de la résine au tourisme moderne
Dès l’Antiquité, le Pays de Buch était réputé pour ses pins résineux et sa production de poix. Si la chute de l’Empire romain fit péricliter cette industrie, les XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles marquèrent un tournant décisif. C’est à cette époque que le territoire fut massivement reboisé afin de fixer les dunes de sable mobiles.
Aujourd’hui, le Pays de Buch est une destination touristique mondiale, célèbre pour :
- Le bassin d’Arcachon et le Cap-Ferret.
- La majestueuse Dune du Pilat, plus haute dune d’Europe.
- Son ostréiculture (la production d’huîtres s’y est développée dès 1854).
Guide historique des communes du Pays de Buch
La Teste-de-Buch : la capitale historique
Mentionnée en 1326 sous le nom de Testa in Bogio (« la tête du pays de Buch »), la commune est la capitale historique du territoire. Si des vestiges d’habitats du VIIᵉ siècle y ont été retrouvés, son église Saint-Vincent et son ancien château fort datent du XIVᵉ siècle.
Son port d’échouage, bien que réclamé par les habitants dès les cahiers de doléances de 1789 pour concurrencer Rochefort et protéger les navires de Bordeaux en temps de guerre, ne verra finalement le jour qu’au milieu du XIXe siècle.

Par Kvardek du — Travail personnel, CC BY-SA 4.0
Andernos-les-Bains : étape de Saint-Jacques
Le nom d’Andernos proviendrait d’un nom de baptême féminin aquitain. Ne manquez pas l’église Saint-Éloi (XIᵉ siècle) : construite sur les vestiges d’une somptueuse villa gallo-romaine, elle servait autrefois de halte spirituelle pour les pèlerins en route vers Saint-Jacques-de-Compostelle.

Biganos : entre tradition et industrie
Citée en 1339 (Sanctus Gervasius de Biganos), la commune tire son nom de Vicanus (le villageois). Probable première capitale antique du Pays de Buch, Biganos brille aujourd’hui par sa diversité : elle produit le réputé caviar d’Aquitaine et exploite la forêt landaise pour la fabrication de papier kraft.

Le Teich : de l’Empereur Napoléon III à la nature
Nommé Teys en 1276, son nom dérive de l’if (taxus). À l’emplacement de l’actuel château de Ruat (reconstruit au XVᵉ siècle) se tenait sans doute une ancienne tour d’observation médiévale.

Par BooHguy — Travail personnel, CC BY-SA 4.0
Fait insolite : lorsque le domaine devint la propriété du général d’Espinasse, ce dernier fit construire une gare dans le village spécialement pour y recevoir l’Empereur Napoléon III !
Connaissez-vous le Pays de Buch et le Bassin d’Arcachon ? Partagez vos anecdotes de voyage ou vos villages préférés en commentaire !




Une réponse à « Le pays de Buch »
[…] je partageais avec vous un article sur le Pays de Buch. Le nom même de ce territoire provient d’une population que les auteurs antiques appelaient […]