Après les Ardennes, allons dans les Pyrénées. La région du Comminges tient directement son nom d’une tribu gauloise ou celtibère, bien que certains auteurs penchent pour la première hypothèse (Régnier & Drouin). Le nom vient des Convènes (Convenae) dont le nom signifiait « les peuples rassemblés » avec l’élément celtique con qui indique une réunion.
Des Convènes à l’occupation romaine
Leur origine est peut-être à chercher du côté de Pompée qui, d’après saint Jérôme, aurait fondé (sans doute une colonia romana reprenant un oppidum existant) un établissement pour regrouper les habitants de ces montagnes vers -72 dans sa guerre contre Quintus Sertorius.
Cette création aurait alors soustrait cette nouvelle tribu au pouvoir des Volques Tectosages de Toulouse/Tolosa. Leur rôle aurait alors été de contrôler les routes commerciales transpyrénéennes, voie reliant l’Italie à l’Hispanie, sur leur territoire.
Leur chef-lieu aurait été, d’après Strabon, Lugdunum (Saint-Bertrand-de-Comminges). On retrouve son nom sous la forme de Civitas-Converarum puis Convenarum-urbs-nomen-cepit à l’époque wisigothique (Vᵉ) et Ecclesiae-Convenicae. Le site aurait pu être occupé auparavant par les Gaulois Garumnes qui donnèrent leur nom à la Garonne.
On retrouve quelques toponymies liées à l’Ours en gaulois, Artahe et Saint-Pé-d’Ardret. Le théonyme ARTAHE est présent dans le coin d’après Jacques Lacroix. Ce qui n’est pas étonnant, car nous sommes en terrain montagneux.
L’ours se dit arto et on le retrouve dans le prénom Arthur. Mais, il y a également une possibilité que ce soit lié à la mythologie basque avec Hartz, l’ours. Nous sommes sur un territoire à la frontière entre Aquitains et Gaulois.
Héraldique : la croix pattée du comté de Comminges
Au niveau de l’héraldique, je n’ai pas eu besoin de choisir de blason puisque le Comminges a déjà été un territoire élevé au rang de comté. Le comté a eu une belle longévité, il fut créé entre le IXᵉ et le Xᵉ siècle pour finir par être incorporé au domaine royal en 1454.
Ici, on le décrit comme d’argent, à la croix pattée de gueules. Cette croix a pu être utilisée dans l’histoire par les chevaliers teutoniques, des Templiers, mais on la retrouve également dans le Vexin. On parle de croix pattée, car cela pourrait rappeler la forme des pattes des animaux.

Les villes du Comminges
Saint-Bertrand-de-Comminges
Anciennement Lugdunum, située non loin de la Garonne. L’oppidum était entre le mont Arès et le mont Laü. L’endroit a été occupé vers -130/-125 avec l’apparition d’amphores, de fibules, de monnaies. L’apogée semble survenir vers -25 avec une extension de 15 hectares.
Son nom actuel vient de saint Bertrand (1050-1123), un noble originaire du pays de Savès, non loin de là. Il fut évêque de Lugdunum Convenarum et reconstruisit la cathédrale. Son successeur le fera canoniser à peine un siècle après sa mort et fit changer le nom de la commune en son honneur. La cathédrale Notre-Dame est aujourd’hui une simple église, car le diocèse de Comminges a été supprimé en 1801. Le diocèse a ensuite été réparti entre Toulouse et Tarbes. Cette cathédrale date donc du XIIᵉ, bien qu’il y ait eu des constructions antérieures, mais la ville fut dévastée à la fin du VIᵉ.

Edition d’art Larrey
Le Comminges et Hérode Antipas
Hérode Antipas (v. 20 av. J.-C. – après 39 apr. J.-C.) fut tétrarque de Galilée et de Pérée sous l’égide de l’Empire romain. Fils d’Hérode le Grand, il est une figure politique centrale de la Judée du premier siècle. Il est aujourd’hui principalement connu par les textes bibliques pour avoir ordonné la décapitation de Jean le Baptiste et pour son implication dans le jugement de Jésus de Nazareth. Son règne, marqué par la fondation de la ville de Tibériade, s’inscrit dans une période complexe d’alliances et de tensions entre les dynasties locales et le pouvoir impérial romain.
La chute de ce puissant souverain oriental s’est jouée sur des intrigues de cour. En 39 de notre ère, poussé par l’ambition de sa femme Hérodiade, Antipas se rend à Rome pour réclamer le titre de roi à l’empereur Caligula. Il est cependant pris de vitesse par son neveu et rival, Hérode Agrippa, qui l’accuse de comploter avec les Parthes et d’amasser un arsenal militaire secret. Caligula le destitue de ses fonctions, lui confisque sa fortune et le condamne à un exil définitif.
C’est par cette disgrâce que l’histoire du Proche-Orient antique rejoint celle du Sud-Ouest de la Gaule. Selon l’historien Flavius Josèphe, Caligula l’envoie purger sa peine à Lugdunum. Pour concilier cette mention géographique avec d’autres sources antiques situant la fin de sa vie à proximité immédiate de l’Espagne, les historiens s’accordent à dire qu’il ne s’agit pas de la capitale des Gaules (Lyon), mais bien de Lugdunum Convenarum — l’actuelle Saint-Bertrand-de-Comminges. Le tétrarque déchu et Hérodiade y auraient ainsi terminé leurs jours au pied des Pyrénées, offrant au Comminges antique un lien direct et inattendu avec l’histoire biblique.


L’Isle-en-Dodon
Nommée d’après un comte du Comminges, Bernard Dodon (1120-1180) au XIIᵉ. L’isle traduit une topographie particulière : un fossé défensif qui a transformé le terrain en fortification naturelle. Ce qui m’a attiré dans ce village, c’est son église Saint-Adrien qui fut érigée entre le XIVᵉ et le XVᵉ.

Aurignac
La ville a donné son nom à une culture paléolithique : l’Aurignacien. Concernant la toponymie, nous sommes sur le domaine d’un Aurinius (Aurinius + -acum). Comme pour Lugdunum de Comminges, la ville a été occupée vers le Iᵉʳ siècle av. J.-C. Le territoire rejoint le comté de Comminges au XIIIᵉ siècle, période durant laquelle le château fut érigé par le comte Bernard V. Il y a également la tour de Savoie du XIVᵉ.
On retrouve son église Saint-Pierre-aux-Liens qui a évolué au fur et à mesure des styles architecturaux.

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Source
Simioni Sébastien. Saint-Bertrand-de-Comminges (Haute-Garonne) : la capitale d’un peuple gaulois de la fin de l’âge du Fer ?
(Supplément à la Revue archéologique du centre de la France, 35);
https://www.persee.fr/doc/sracf_1159-7151_2009_act_35_1_1428





