Les Combrailles

Les Combrailles

Pour ce nouveau volet, nous retournons aux sources de notre voyage, le premier pays présenté ayant été le Bourbonnais, dans le Massif central. À la charnière du Limousin et de l’Auvergne, les Combrailles forment un pays traditionnel de caractère. Ce plateau granitique et accidenté, entaillé par de spectaculaires gorges, cache derrière sa nature sauvage une histoire industrielle et féodale d’une richesse insoupçonnée.

L’étymologie : le pays des rivières encombrées

Mentionné au XIVᵉ siècle sous la forme latinisée d’archidiaconus de Combrali (1317), le nom des Combrailles plonge ses racines dans la langue celte :

  • Le barrage gaulois : selon le linguiste Xavier Delamarre, le mot dérive du gaulois comberros, qui signifie « barrage de rivière » ou confluent. C’est ce mot qui a donné le latin combrus puis le verbe français « encombrer ».
  • La zone refuge : pour le toponymiste Ernest Nègre, ce relief accidenté et boisé évoquait surtout un territoire de broussailles, difficile d’accès, qui a longtemps servi de frontière naturelle.

Aux frontières des Guerriers de l’Orme et des Arvernes

Durant l’Antiquité, les Combrailles étaient partagées entre deux des plus puissantes confédérations gauloises :

  • Les Lémovices (à l’ouest) : originaires de l’actuelle Allemagne, ces « guerriers de l’orme » (probablement en référence au bois utilisé pour fabriquer leurs lances) ont laissé leur nom au Limousin.
  • Les Arvernes (à l’est) : ce peuple célèbre, dont le nom signifie « ceux qui vont l’aulne en avant » (évoquant la fabrication de leurs boucliers) ou « ceux qui donnent satisfaction », régnait sur l’Auvergne.

L’Eldorado gaulois : les mines d’or des Combrailles

Si les Arvernes étaient considérés comme l’une des tribus les plus riches de la Gaule, ils le devaient en grande partie au sous-sol des Combrailles. Les archéologues ont repéré plus d’une centaine d’anciennes mines dans la région. On y extrayait de l’or, piégé dans des filons de quartz, mais aussi de l’argent, du plomb et du fer.

De la principauté des Combrailles au duché de Bourbon

Au XIVᵉ siècle, le territoire est érigé en principauté de Combraille. Son histoire bascule à cause des dettes du comte d’Auvergne, Jean II. Surnommé « le mauvais mesnagier », ce dernier dissipe le patrimoine familial et vend la principauté au chancelier de France Pierre II de Giac.

Spolié et affaibli par le saturnisme (à la suite d’une tentative d’empoisonnement par son propre beau-frère), Jean II ne peut empêcher le puissant duc Jean de Berry de s’emparer de ses biens en épousant sa fille. Finalement, c’est le duc Louis II de Bourbon qui récupérera les Combrailles, y lançant une vaste campagne de fortifications.

Un patrimoine militaire et archéologique d’exception

Le pont de Menat et le Château-Rocher

Au cœur des gorges de la Sioule, le pont de Menat (XIIᵉ siècle) fut pendant tout le Moyen Âge l’unique point de passage pour franchir la rivière entre l’Auvergne et le Limousin. Pour surveiller ce passage stratégique, les seigneurs de Blot firent ériger au XIᵉ siècle Château-Rocher, une sentinelle de pierre qui surplombe magistralement la vallée.

Le Pont de Menat
Le Pont de Menat
OT Combrailles
Château Rocher
Par Matthieu Perona — Travail personnel, CC BY 3.0

Pionsat et le trésor de Vercingétorix

Édifié pendant la guerre de Cent Ans par Guy Aubert (neveu du pape Innocent VI), le château de Pionsat est célèbre pour une découverte archéologique majeure : un trésor de statères d’or arvernes, dont certaines pièces rarissimes frappées directement au nom de Vercingétorix.

Château Pionsat
Château Pionsat
Par Havang(nl) — Travail personnel, CC0

Château-Dauphin à Pontgibaud

Construit au XIIᵉ siècle par Robert IV, comte de Clermont et troubadour (qui prit le titre de Dauphin d’Auvergne), le Château-Dauphin défendait la ville de Pontgibaud. Le nom de la commune fait d’ailleurs référence au pont de Giwald, un comte d’Auvergne de l’époque mérovingienne.

Château-Dauphin
Château-Dauphin
Par Calips — Travail personnel, CC BY-SA 3.0

🛡️ Le Cartouche Fokus :le blasonn de Montaigut-en-Combraille

Montaigut : capitale des Combrailles Le blason de Montaigut-en-Combraille, d’azur semé de fleurs de lys avec son M ceint d’une couronne, incarne la puissance de cette ancienne place forte royale nichée dans le Massif central. Un symbole de fierté auvergnate.

Le blason des Combrailles
Le blason des Combrailles

Sources et bibliographie

  • Les noms d’origine Gauloise, la Gaule des activités économiques de Jacques LACROIX
  • Les noms d’origine Gauloise, la Gaule des combats de Jacques LACROIX
  • Les noms d’origine Gauloise, la Gaule des Dieux de Jacques LACROIX
  • Dictionnaire des pays et provinces de France, Bénédicte et Jean-Jacques FENIE
  • Dictionnaire de la langue gauloise de Xavier DELAMARRE