Située à quelques encablures de Roscoff, l’île de Batz est une terre de contrastes. Occupée dès le Néolithique (à une époque où elle était encore rattachée au continent), elle fut le domaine des Osismes avant de devenir, au VIᵉ siècle, le refuge spirituel de l’un des pères fondateurs de la Bretagne : Saint Pol Aurélien.
L’étymologie : de Bassa Insula à Enez-Vaz
Le nom de l’île traverse les millénaires :
- Antiquité : mentionnée dès le IIIᵉ siècle sur l’itinéraire d’Antonin sous le nom de Bassa Insula (l’île basse).
- Moyen Âge : elle apparaît comme Insula Battha au IXᵉ siècle, évoluant vers le breton Enez-Vaz.
- Climat : grâce à l’influence du Gulf Stream, Batz fait partie de la « ceinture dorée », une zone maraîchère privilégiée célèbre pour ses primeurs et son emblématique oignon rose de Roscoff.
Saint Paul Aurélien et la légende du Dragon
L’histoire écrite de l’île commence avec Saint Pol (ou Paul) Aurélien, l’un des sept saints fondateurs de la Bretagne et premier évêque du Léon. Sa Vita, la Vita Sancti Pauli Aureliani, rédigée en 884 à l’abbaye de Landévennec, nous livre un récit épique.
Saint Pol a été formé au monastère de l’île de Caldey. Là-bas, il aurait déjà côtoyé les futurs saints Samson de Dol (de Bretagne), saint Brieuc, saint Malo et saint Gildas.
Le « Toull ar Zarpant »
Issu d’une famille noble galloise et parent du chef de guerre Ambroise Aurélien (le mythique Emrys Wledig), Saint Pol reçut l’île du comte Withur à une condition : la délivrer d’un terrible dragon.
Le miracle de l’étole : sans arme, le saint dompta la bête en l’enchaînant avec sa seule étole sacerdotale. Il mena le monstre jusqu’au gouffre de Toull ar Zarpant (le trou du serpent), lui ordonnant de se jeter dans les flots. En récompense, l’île devint un haut lieu du christianisme celtique.

Un patrimoine entre granit et flore exotique
Malgré sa petite taille, l’île de Batz possède des monuments qui marquent son paysage :
- Le phare de Batz : majestueuse tour de granit de 44 mètres construite entre 1834 et 1836, il guide les marins dans les eaux traîtresses, et surtout rocheuses, du Nord-Finistère.

Par Quoique — Travail personnel, CC BY-SA 4.0
- La Chapelle Sainte-Anne : ses ruines émouvantes datent du Xe ou XIe siècle, rappelant l’ancienneté du culte sur l’île.

Par Thesupermat — Travail personnel, CC BY-SA 3.0
- Le jardin Georges Delaselle : créé en 1897, ce jardin d’acclimatation est une anomalie végétale où s’épanouissent des essences du monde entier, profitant d’un microclimat unique. On y retrouve des vestiges du néolithique.

Par Moreau.henri — Travail personnel, CC BY-SA 3.0
🛡️ Le Cartouche Fokus : le blason de l’île de Batz
L’île de Batz : L’Hermine et l’Océan Créé en 1975, le blason de l’île de Batz arbore fièrement les hermines bretonnes et le dragon de Saint Pol. Un symbole de l’identité léonarde, entre terre fertile et légendes maritimes. Le blason original a 12 hermines, pour des raisons esthétiques et personnelles, je n’en ai mis que 10.


Une réponse à « L’Île de Batz »
[…] Face à l’immensité de l’océan, la Cornouaille déploie ses paysages sauvages et ses cités de caractère. Ce pays traditionnel de la pointe bretonne doit son identité aux vagues migratoires des Bretons Cornovii venus de Grande-Bretagne entre le IIIᵉ et le Ve siècle pour s’installer chez leurs cousins continentaux, les Osismes (« les gens du bout du monde »). J’avais déjà parlé de l’île de Batz auparavant. […]