Entre l’estuaire de la Seine et les falaises d’Étretat, le Pays de Caux déploie ses plateaux fertiles et ses cités maritimes. Ce pays traditionnel doit son nom au peuple des Calètes, dont la racine gauloise caleto évoque la « dureté » (un trait que l’on retrouve dans l’étymologie de la Calédonie). N’hésitez pas à également aller lire l’article sur Alençon, un autre territoire normand.
I. Une histoire de résistance et de conquêtes
Les Calètes furent des acteurs majeurs de la résistance gauloise : César les cite parmi la confédération armoricaine ayant envoyé des renforts à Vercingétorix lors du siège d’Alésia. Ils ont laissé derrière eux de puissants oppida, notamment à Étretat et Fécamp.
Du royaume franc au duché de Normandie
Après avoir été intégré à la Neustrie mérovingienne et vu naître de prestigieuses abbayes (Saint-Wandrille, Jumièges), le territoire connaît un tournant radical au IXᵉ siècle.
- Le traité de Saint-Clair-sur-Epte (911) : le roi Charles le Simple cède le pays de Caux à Rollon, le chef viking. Le pays devient le cœur battant du duché de Normandie.
- Toponymie viking : L’héritage scandinave est gravé dans les noms de lieux : les -bec (ruisseau) comme Bolbec, les -tot (établissement) comme Yvetot, ou les -fleur (estuaire) comme Harfleur.
- La reconquête française : repris par Philippe Auguste en 1204, puis disputé durant la guerre de Cent Ans, le pays de Caux ne réintègre définitivement le domaine royal qu’en 1450.
II. Focus sur Fécamp : la Cité des Terre-Neuvas
Capitale spirituelle et maritime, Fécamp est indissociable de l’histoire des ducs de Normandie. Elle fut la résidence préférée de Guillaume Longue-Épée et de Richard Iᵉʳ, bien avant que Rouen ne s’impose.
Un patrimoine millénaire
Fécamp se distingue par trois monuments majeurs qui dominent la ville :
- L’abbaye de la Trinité : fondée au VIIᵉ siècle, elle abrite les tombeaux des ducs Richard Iᵉʳ et Richard II. Elle est célèbre pour sa relique du Précieux-Sang, qui en fit un lieu de pèlerinage majeur au Moyen Âge. Son scriptorium fut l’un des plus productifs de Normandie au XIᵉ siècle.

Par Gordito1869 — Travail personnel, CC BY 3.0
- L’Église Saint-Étienne : un édifice imposant dont l’architecture actuelle témoigne des reconstructions de la Renaissance après les incendies médiévaux.

Par Marie-Claire — Travail personnel, CC BY-SA 3.0
- Le Palais Bénédictine : ce chef-d’œuvre néo-gothique du XIXᵉ siècle fut érigé par Alexandre-Prosper Le Grand. On y distille encore la célèbre liqueur Bénédictine, composée de 27 plantes et épices, dont la recette aurait été retrouvée dans d’anciens grimoires de l’abbaye.

Par Schorle — Travail personnel, CC BY-SA 4.0
III. Les portes maritimes du pays de Caux
Le littoral cauchois abrite des ports qui ont écrit l’histoire du commerce mondial :
- Dieppe (Deppae) : la « rivière profonde ». Port d’attache de l’armateur Jehan Ango, Dieppe fut le point de départ des explorations vers le Nouveau Monde et de la grande pêche à la morue vers Terre-Neuve.
- Lillebonne (Juliobona) : ancienne capitale antique des Calètes, elle fut renommée en l’honneur de Jules César. Son théâtre romain est l’un des mieux conservés du nord de la France.

Par Ville de Lillebonne — Travail personnel, CC BY-SA 4.0
- Le Havre : fondé par François Iᵉʳ en 1517 pour remplacer le port d’Harfleur ensablé, il est aujourd’hui le premier port de conteneurs de France.
🛡️ Le Cartouche Fokus : Le Blason de Fécamp
Fécamp : la force de l’estuaire Le blason de Fécamp, avec sa nef, symbolise la puissance maritime des ducs de Normandie. Un symbole de résilience pour tous les amoureux de la Côte d’Albâtre.

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Une réponse à « Le Pays de Caux »
[…] ses trois joyaux fromagers AOP, ses cidres et ses haras d’exception. Retrouvez également le Pays de Caux ou celui du […]