Le Narbonnais

Le Narbonnais

Situé au carrefour de la Via Domitia et de la Via Aquitania, le Narbonnais est un territoire dont l’importance historique est immense. Première colonie romaine fondée en Gaule (118 av. J.-C.), Narbonne fut le trait d’union vital entre l’Italie et l’Espagne, avant de devenir une capitale wisigothe, puis le siège d’un archevêché puissant.

L’origine de Narbonne : un héritage ibère

Contrairement à beaucoup de cités gauloises, Narbonne tirerait son nom des Ibères.

  • Étymologie : selon Jacques Lacroix, Narbo signifierait « habitation proche de l’eau ».
  • Narbo Martius : les Romains en firent la capitale de la Gaule narbonnaise, une province si romanisée qu’on l’appelait simplement « la province » (qui donnera la Provence).

Un rempart face à Al-Andalus et l’hérésie

Au Haut Moyen Âge, Narbonne se retrouve en première ligne des grands basculements de l’histoire :

  • L’occupation omeyyade : prise en 719, elle reste sous contrôle musulman pendant 40 ans avant d’être rattachée au royaume des Francs par Pépin le Bref en 759.
  • Le Grand Schisme : en 1415, alors que le Nord de la France s’effondre à Azincourt, Narbonne devient le centre de la diplomatie européenne pour résoudre le conflit entre les papes de Rome et d’Avignon.
  • Le concile de 1227 : C’est ici que l’Église durcit le ton contre le catharisme. La croisade contre les Albigeois, déclenchée par l’assassinat du moine de Fontfroide Pierre de Castelnau, permettra l’intégration de ces terres au domaine royal de Saint Louis.

Un patrimoine de 2000 ans : de l’Antiquité au gothique

La cathédrale Saint-Just-et-Saint-Pasteur

Ce géant de pierre est l’un des monuments les plus impressionnants du Midi.

  • Une construction millénaire : Érigé sur les vestiges de basiliques du IVᵉ et du Ve siècle, l’édifice actuel fut lancé en 1268 grâce au pape Clément IV, ancien archevêque de la ville.
  • Inachevée et majestueuse : elle reste célèbre pour son chœur gothique vertigineux, qui ne fut jamais rejoint par une nef, la muraille de la ville empêchant alors son extension.
Cathédrale Saint-Just-et-Saint-Pasteur de Narbonne
Cathédrale Saint-Just-et-Saint-Pasteur de Narbonne

Le Palais des Archevêques

Unique en son genre, ce complexe monumental témoigne de la puissance des prélats narbonnais. Le palais était sans doute situé à l’endroit du capitole romain. On y distingue :

  1. Le Palais Vieux : D’architecture romane (XIIᵉ siècle), le donjon date du XIIIᵉ et on le doit à l’archevêque Gilles Iᵉʳ Aycelin de Montaigut.
  2. Le Palais Neuf : de style gothique flamboyant (XIVᵉ siècle), intégrant le donjon Gilles-Aycelin qui domine la cité.
Le palais des archevêques de Narbonne
Le palais des archevêques de Narbonne

L’abbaye de Fontfroide

Nichée dans un vallon sauvage, cette abbaye cistercienne fondée au XIᵉ siècle est l’une des mieux conservées de France. Elle fut le fer de lance de l’orthodoxie catholique face aux « Parfaits » cathares.

Vue aérienne de l'abbaye de Fontefroide
Vue aérienne de l’abbaye de Fontefroide

Le destin maritime : du fleuve Aude à l’ensablement

Narbonne fut un port de premier plan jusqu’au XIVᵉ siècle. Le fleuve Aude (l’ancien Atax gaulois, signifiant « le rapide ») permettait aux navires de rejoindre la Méditerranée. C’est l’ensablement progressif de son embouchure qui a mis fin à l’âge d’or maritime de la ville, figeant son port antique dans les terres.

🛡️ Le Cartouche Fokus : le blason de Narbonne

Narbonne : la Cité des Proconsuls Le blason de Narbonne allie la croix du Languedoc et la clé de Saint-Pierre, rappelant son double destin de place forte comtale et de capitale religieuse. Un symbole de prestige méditerranéen.

Le blason du Narbonnais
Le blason du Narbonnais

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Une réponse à « Le Narbonnais »

  1. […] sud, là où les Pyrénées plongent dans la Méditerranée. Nous ne sommes pas très loin du Narbonnais. Le Roussillon est un pays traditionnel à l’identité culturelle puissante. Longtemps […]